2012 vue du zinc cannois

Aux terrasses des cafés, place aux brèves de comptoir. (Q. Pichon)

Élection présidentielle, crise économique ou… météo improbable. A Cannes, l’année 2012 commence sous le soleil. Nous avons fait la tournée des bars pour connaître les sujets de conversations des Cannois en ce début d’année.

Bernard, 68 ans, est assis à la terrasse du Bluet’s en haut du Suquet. Dans la main, un verre de blanc, devant lui, un journal étalé. Le serveur le tutoie. Cet habitant de Cannes depuis toujours, d’une famille de droite est déçu par Nicolas Sarkozy. Il se dit même « prêt à voter pour Mélenchon », le candidat du Front de Gauche. L’élection présidentielle est l’événement majeur de cette année pour lui. « De toute façon, ils sont tous pourris » lance son voisin de table qui s’immisce dans notre conversation improvisée. « Avec les journalistes, ils sont tous amis. Impossible de distinguer le vrai du faux. Faîtes attention à vous, les jeunes, qui vous vous lancez là-dedans. Le pouvoir, ça pourrit » acquiesce Bernard. Alors, déçus irrécupérables de la politique ? « Non, j’ai encore envie d’y croire » avoue Bernard.

On prend bonne note. On change de bar et de sujet. Valérie prend le soleil à l’Up Side Down Café, face au Palais des Festivals. Il fait 15°C un 4 janvier. « Après les intempéries de novembre, ça fait du bien. Heureusement, j’habite loin de la mer. J’ai été épargnée chez moi » raconte-t-elle. La vraie question qui va se poser cette année et les prochaines est celle de l’environnement. Cannes a essuyé plusieurs tempêtes ces dernières années. « C’est à cause d’un dérèglement général », croit savoir Valérie, « et les centrales nucléaires n’arrangent rien ».

La météo, Daniel s’en fout. Bras croisés, contemplant le port sur le bar du Quay’s. Lui, il attend surtout « les suites des printemps arabes ». Il a suivi de très près les chutes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi et l’après révolution. « Les peuples qui ont enfin fait tomber leur dictateur se tournent vers l’islamisme une fois aux urnes », constate-t-il, « ce n’est peut-être pas la meilleure voie pour eux, mais il ne faut pas que les gens d’ici aient peur. Islamisme ne veut pas dire terrorisme ! ».

Les Cannois n’ont pas fini de refaire le monde.

Nicolas Boeuf, Emilie Roze, Quentin Pichon

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